Je pense que par écrit ça sera plus efficace de communiquer, c'est pas que nos vies soient particulièrement mouvementées, parce que dans le fond on fout pas grand chose, mais bon on est toujours par mont et par vaux.
Et puis par téléphone je n'ai jamais été très fort, ces temps-ci je ressens plus que d'habitude le fardeau du temps, j'ai l'impression de perdre mon temps.
Ca vient certainement du fait que la FAC c'est pas ce à quoi je m'attendais, je me pose beaucoup de questions sur mon futur.
Et puis hier tu m'as téléphoné, en commençant par dire "je t'appelle pour prendre des news" mais après j'ai senti dans le timbre de ta voix que tu avais un peu de mélancolie, mêlée de rancoeur, et quelque chose en moi a dit "lui, il te ressemble, parce qu'à chaque fois qu'il va mal, ou qu'il est un peu perdu, il continue de sourire, malgré tout, il continu de prendre la vie FREEDOM SLALOM."
Et ça m'a touché, je ne peux pas affirmer que tu allais mal hier, mais c'était comme une voix intérieure qui me le disait.
J'avais en fait l'impression de sourire avec toi, mais qu'au fond j'allais aussi mal que toi, puis je t'ai envoyé un sms ridicule, pour ne pas qu'on se quitte sur cet appel...
Et ce qui me fait sourire ce soir, c'est le fait que je sais que je peux compter sur toi pour sourire avec moi le jour où tout ira mal pour moi, et bien sûr vice versa.
Finalement plus je repense au lycée plus je me dis que c'était des années magiques, et dès que je reviens sur dax, et que je passe une soirée avec vous, je retrouve cet univers.
Putain c'est fou comme notre vie peut être hasardeuse, et comment nous pouvons nous rattacher à nos souvenirs, alors que tout reste à vivre.
Tu sais ce soir j'ai reçu un sms de Po, ça m'a inspiré, je me suis remémoré tout un tas de sensations :
Le goût des lèvres de Charlotte, mon voyage en Angleterre, les cheveux de Prisk, nos sorties imprévues, le vélo jusqu'à St pandelon et le streap poker, la douceur de Po, les conseils de Ju, ma journée d'info où j'ai rencontré Soisoi pour la première fois, la voix de clément, les mercredis aprem chez moi, nos escapades à Bdx, les DALLAS stories, le jour où j'ai rencontré Sylvain, nos pancakes, les jours entiers passés avec Peter à débaler nos pensées les plus noires sans vergogne et avec notre rire vindicatif, les yeux de Margaux Lambert, les 3 étés fulgurant que j'ai passé, Chantal la hollandaise aux doigts d'or et aux manières angéliques...
Il n'y aurait pas assez de place pour tout recueillir... mais tu vois samedi soir ma main s'est posée sur ton épaule, ma main a serré celle de DADA, mon front a touché celui de Laureen, j'ai pu m'enivrer du parfum de Cha, effleurer de mes lèvres le cou d'Eva, danser avec Natasha, échanger un regard avec Melissa, taper une accolade à Boris, faire tournoyer Labegue...
Et ces moments en apparence bénins m'ont fatalement rappelé les joies que le lycée a pu m'apporter, c'est un roman-photo qui défile en toi, comme si tu allais mourir et que les moments les plus enivrants resurgissent, comme pour te hanter une dernière fois et rendre l'échéance moins douloureuse.
La plus forte des drogues ne pourrait autant stimuler mon cortex que de passer une soirée à l'ancienne avec toi, au milieu de ce cadre qui me ramène aux plaisirs d'antan.
M.